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Carte Pokémon : Quand Pikachu a plus de Valeur qu’un Bitcoin

Carte Pokémon : Quand Pikachu a plus de Valeur qu’un Bitcoin

Qui aurait cru que les anciennes cartes à jouer de votre enfance pourraient vous rapporter gros ? Le succès des Pokémon n’est pas nouveau et ne cesse de prendre de l’ampleur. Sur Ebay, les ventes des cartes Pokémon ont explosé avec une hausse de plus de 574 % entre 2019 et 2020. La franchise japonaise est l’une des plus rentables de tous les temps ! Elle affiche un gain de 59 milliards de dollars depuis sa création en 1996, avec 3 000 millions de paquets vendus. Vingt-cinq ans plus tard, comment expliquer la passion des collectionneurs pour ces créatures de fiction sur carton ? Plus que pour le jeu de cartes, l’engouement s’explique davantage par l’appât du gain, parfois colossal. Voici comment Pikachu a pris plus de valeur qu’un Bitcoin.  

Sommaire

Les cartes Pokémon rares ont plus de valeur qu’un Bitcoin

Les perles rares

La carte « Pikachu Illustrator »

Vendre ses cartes Pokémon peut rapporter gros

À la recherche du trésor perdu

Des cartes Pokémon dans les salles de ventes

Des revenus bientôt imposables ?

Faire grader une carte Pokémon lui donne de la valeur

Pourquoi faire certifier ses cartes ?

Fonctionnement du grading

Le Graal pour les collectionneurs

Spéculer sur Pikachu est plus rentable que la cryptomonnaie

Un véritable business

Vols et contrefaçons, revers de la médaille

Pokémon : un business qui a de l’avenir

Pour le meilleur et pour le pire

Un phénomène fait pour durer

 

Les cartes Pokémon rares ont plus de valeur qu’un Bitcoin

Les perles rares

Les collectionneurs avertis comme le Youtubeur Price Pokémon ont conscience du trésor qu’ils ont entre les mains et vont jusqu’à protéger chaque carte sous blister. En général, ces mordus du jeu recherchent des cartes « rares », le plus souvent de premières générations entre 1998 et 2003. Le Pokémon présent sur la carte donne lui aussi le caractère de rareté et donc la valeur de la carte. Certaines espèces fictionnelles sont emblématiques, comme le Dracaufeu de 1998 à l’état neuf.   

Si en France la vente aux enchères de cartes Pokémon n’est pas encore monnaie courante, c’est une pratique ordinaire au Japon ou aux États-Unis. Là-bas, les prix s’envolent, on peut trouver des exemplaires vendus de 50 000 à presque 400 000 euros. À ce prix-là, il s’agit de cartes distribuées lors d’évènements spéciaux au Japon par exemple, et fabriquées à quelques dizaines d’exemplaires seulement.   

La carte « Pikachu Illustrator »

La carte Pikachu Illustrator illustre parfaitement le phénomène. Elle a été fabriquée au Japon à 39 exemplaires à l’occasion du concours d’illustration de bande dessinée Coro Coro Comic en 1998. Son dessin représente Pikachu tenant des outils à dessin entre ses pattes.

Jamais commercialisée, elle ne peut pas intégrer de tournois puisqu’elle n’a pas été reconnue officiellement.

Au début des années 2000, une première de ces cartes rarissimes s’était vendue pour 23 000 dollars. Le vendeur, un Américain, était âgé d’une vingtaine d’années et collectionnait les cartes Pokémon depuis l’adolescence.

En 2014, un autre collectionneur se procurait une de ces merveilles pour 90 000 dollars. En 2016, une autre de ces cartes a trouvé preneur aux enchères à Beverly Hills pour 54 970 dollars. Sa rareté peut justifier un tel montant, c’est en tout cas ce que doit se dire le collectionneur hongkongais non identifié qui s’est offert ce plaisir.

La vente la plus spectaculaire reste celle de 2019, avec un montant de 195 000 dollars pour une carte dans un état exceptionnel. 

On ne connaît pas le nombre de détenteurs privés de ces cartes d’exceptions. Pikachu Illustrator est considérée comme le Pokémon légendaire par les collectionneurs, on considère qu’il en reste 10 dans le monde en bon état.        

 

Vendre ses cartes Pokémon peut rapporter gros

À la recherche du trésor perdu

Perdue au fond d’un placard, votre collection de cartes Pokémon vaut peut-être de l’or ! Les cartes à l’effigie de Pikachu, Mewtwo, Dracaufeu et autres se vendent jusqu’à plusieurs milliers d’euros. 

On trouve des cartes à vendre partout : sur internet, sur les sites d’annonces, par le bouche-à-oreille et aux enchères pour les plus connaisseurs. Si vous tapez « carte Pokémon » sur Leboncoin, vous pouvez tomber sur des pépites comme une carte Entei à 4 000  euros ou un lot de cartes Mewtwo à 2 000 euros. Les prix affichent des montants encore plus élevés sur les sites d’enchères comme Ebay. Si vous avez la chance de posséder une carte de Dracaufeu obscur, sachez qu’elle peut valoir près de 20 000 euros sur cette plateforme. L’une d’entre elles s’est même vendue plus de 418 000 euros le 21 février dernier, du jamais vu ! 

Des cartes Pokémon dans les salles de ventes

Les gains sont tellement juteux que la pratique devient professionnelle.

Depuis 2018, la société Vermot & associés met aux enchères des cartes Pokémon, véritable nouveauté en Europe à l’époque. En trois ans, les prix de ces lots insolites ont été multipliés par dix. Une carte qui valait 500 euros peut trouver preneur aujourd’hui pour 8 ou 10 000 euros.

La carte Staff de Dracaufeu de l’extension XY Évolutions est très prisée, car cette extension reprend les visuels des toutes premières cartes Pokémon. Le terme « Staff » veut dire que la carte a été distribuée aux organisateurs d’un évènement Pokémon. La maison Vermot & associés a vendu cette carte pour la somme de 10 000 euros. 

Des revenus bientôt imposables ?

Si vous êtes un gros vendeur, attention au contrôle fiscal, vos gains peuvent devenir imposables ! Pour déjouer les impôts, de nombreux vendeurs se déclarent auto entrepreneurs. Un bon moyen d’éviter de perdre une partie de ses recettes. En effet, la vente d’un objet de collection supérieure à 5 000 euros est imposable. L’administration fiscale définit les objets de collection comme étant ceux qui « tirent leur intérêt de leur rareté, de leur regroupement ou de leur présentation. » Concernant la fiscalité, vos cartes Pokémon se placent au même niveau sur le marché des objets d’art que les tableaux de maître de vos grands-parents.    

 

Faire grader une carte Pokémon lui donne de la valeur

Pourquoi faire certifier ses cartes ?

Le « grading » est un système de notation qui indique la valeur d’une carte. En 2016, PCA lance son activité, premier organisme français de certification des cartes Pokémon. Ce système existait déjà aux États-Unis et le fondateur de PCA a constaté le besoin en matière de certification dans notre pays. 

En effet, il est compliqué de vendre un objet sans en avoir une évaluation objective. Auparavant, cela se faisait au hasard, en fonction de l’offre et de la demande.

Fonctionnement du grading

La plateforme PCA donne une valeur qualitative à la carte, trois experts la notent scrupuleusement entre 1 et 10 pour une plus grande objectivité. La carte est authentifiée, l’organisme évalue son caractère exceptionnel et son état général. Elle est ensuite emballée dans une pochette pour éviter toute détérioration. Le prix de la certification varie en fonction de la valeur de la carte que vous souhaitez faire grader. Il faut compter 9 euros pour une carte d’une valeur inférieure à 50 euros.

Le Graal pour les collectionneurs

Si la note obtenue lors de la certification est une fierté pour les collectionneurs, elle facilite surtout la vente et fait grimper les prix. Par exemple : une carte Mentali assez rare, cotée 900 euros, s’est vendue pour 5 500 euros sur PCA.

Le confinement a eu un effet d’accélérateur sur l’activité de PCA. Nombreux sont les grands enfants qui se sont confinés chez leurs parents dans leur maison familiale. Ils en ont profité pour ranger leurs fonds de tiroirs et vider le garage. Ils ne se doutaient pas que ce grand ménage de printemps leur réservait un trésor caché entre les bulletins de notes et la coupe du club de foot datant de 1997. La plupart se sont lancés dans la vente de leur collection. Une sorte de complément de revenus tombé du ciel.

 

Spéculer sur Pikachu est plus rentable que la cryptomonnaie

Un véritable business

Comme certains spéculent sur les cryptomonnaies, d’autres misent sur les cartes Pokémon pour investir. D’après certains professionnels de la vente de jouets, 80 % des gens qui achètent des cartes Pokémon aujourd’hui sont des spéculateurs. Ils savent que les cartes françaises sont très prisées, notamment au Japon où elles se vendent deux à trois fois plus cher qu’en France. Le volume de cartes produites est en effet bien plus faible ici qu’au pays du soleil levant et génère une rareté appréciée des fans.

Vols et contrefaçons, revers de la médaille

L’engouement pour les cartes Pokémon a pris de l’ampleur pour les 25 ans de la licence et ouvert une brèche aux abus en tout genre. 

À cette occasion, McDonald’s a décidé de vendre en menu ou à l’unité des cartes Pokémon exclusives. L’opération a débuté le 25 avril dernier, certains restaurants ont été dévalisés dès les premiers jours, les collectionneurs sont venus en acheter des quantités énormes sans penser aux premiers concernés : les enfants. Pour éviter la pénurie, McDonald’s a dû restreindre le nombre de cartes vendues par personne. Ce qui n’a pas manqué de provoquer de vives tensions dans les restaurants...  

Les contrefaçons sont de mieux en mieux réalisées et arrivent en force sur le marché. Le fondateur de PCA prévient également ses clients que certains vendeurs proposent de fausses cartes à la vente pour des prix parfois exorbitants.  

 

Pokémon : un business qui a de l’avenir

Pour le meilleur et pour le pire

Certains passionnés jouent encore avec les célèbres cartes et se retrouvent dans des soirées de combat de cartes Pokémon. Malheureusement, ils se font rares et aujourd’hui on perd un peu l’esprit bon enfant du jeu. La plupart des acheteurs en font un business à part entière. Sur Les Barjots des cartes Pokémon, célèbre page Facebook de vente de cartes, une passionnée dénonce les comportements abusifs. Comme ces acheteurs qui dévalisent les magasins de jouets pour revendre les cartes dix fois plus chères.

Un phénomène fait pour durer

Le marché de la collection est cyclique, lorsque la philatélie meurt les cartes à collectionner ou la BD reviennent sur le devant de la scène. D’après le fondateur de PCA, le phénomène Pokémon peut durer encore une quarantaine d’années et les prix seront beaucoup plus élevés dans 10 ans.

En 2016, l’application mobile Pokémon Go a été téléchargée plus de 75 millions de fois durant l’été. Actuellement, la production de cartes Pokémon dans le monde est beaucoup plus importante qu’en 1996, les États-Unis construisent de nouvelles usines pour satisfaire la demande.

Dans les cours de récréation, les enfants jouent encore aux Pokémon avec leurs copains, autant de futurs potentiels collectionneurs dans 20 ans. Ils se rendront dans les ventes aux enchères pour retrouver les cartes qu’ils ont actuellement entre les mains.   

Le phénomène Pokémon n’est pas près de s’arrêter et va sans doute se développer avec le temps. Êtes-vous prêt à ressortir vos cartes à jouer du placard et vous lancer dans l’aventure ?