Comment se protéger du risque de change quand on est une PME ?

04/06/2018 à 09:27

Vous dirigez une entreprise qui exporte des produits ou achète des matières premières à l’étranger ? Le risque de change est un des risques financiers lié à l’internationalisation de votre activité qui peut représenter un frein au développement de votre entreprise. Mal géré ou mal anticipé, il peut causer d’importants problèmes de rentabilité. Cet article est là pour vous aider à en comprendre l’origine et les enjeux, ainsi que les solutions accessibles aux TPE et PME pour s’en protéger. Le risque de change n’est qu’un exemple des problèmes qu’une entreprise peut rencontrer : si votre entreprise est en difficulté, il y a des gestes qui sauvent à connaître.

Le risque de change, qu’est-ce que c’est ?

Le risque de change est un risque financier qu’encourt toute entreprise ayant des flux internationaux.  Entre le moment où une facture est créée et celui où elle est payée, le taux de change entre deux devises peut varier. Cela va donc modifier la valeur du règlement finalement effectué.

Prenons pour exemple l’entreprise Michel, fabricant français de chaussures. Elle achète à un fournisseur américain des matières premières pour un montant de $1000, payable à 30 jours. Le jour de l’achat, le taux de change entre l’Euro et le Dollar US est de 1€ = $1.10, l’entreprise Michel inclut donc dans son plan de trésorerie un décaissement d’un montant de 909,09€ (1000/1,1) dans 30 jours. Cependant, durant le mois qui s’écoule entre l’établissement de la facture et son paiement comptable, le cours EUR/USD fluctue pour tomber à $1.05 au jour du paiement, ce qui signifie que l’entreprise va réellement payer un montant de 952,38€, ajoutant un coût supplémentaire de 43,29€ qui n’était prévu. Cela va donc diminuer la rentabilité de l’entreprise Michel, et détériorer ses prévisions de trésorerie.

Notez que le risque de change fonctionne dans les deux sens et peut impacter aussi bien l’acheteur que le vendeur.

Quelles solutions pour faire face au risque de change ?

Si toutes les entreprises travaillant à l’international font face au risque de change au cours de leur activité, les TPE et PME sont souvent moins bien parées pour y faire face. Cumuler des opérations sujettes au risque de change peut impacter significativement la rentabilité à l’entreprise, dégrader sa marge commerciale et nuire à la compétitivité des produits qu’elle propose.

Il existe cependant des solutions adaptées aux PME pour se protéger contre le risque de change.

Le termaillage

C’est une technique de gestion du risque de transaction répandue dans les entreprises commerciales, qui consiste à adapter les délais de paiement clients et fournisseurs par rapport à l’anticipation de fluctuation des devises étrangères. Ainsi, si l’entreprise Michel observe une tendance dans laquelle le dollar va se déprécier par rapport à l’euro (passer de $1.10 à $1.15 pour 1€ par exemple), elle aura potentiellement intérêt à retarder le paiement afin de profiter de cette fluctuation, et inversement. Attention, cette pratique est courante mais n’est pas forcément fiable car il est impossible de prévoir de manière certaine les évolutions des taux de change.

La position de change

Il s’agit d’un tableau financier que vous pouvez établir pour prévoir vos risques de change éventuels. Inscrivez-y l’ensemble des engagements et avoirs que votre société connaît en monnaies étrangères, que vous pourrez ventiler ensuite selon la devise utilisée (USD, GBP, JPY…) et leur maturité (délais de paiement à 30, 60, 90 jours). Il vous sera ainsi plus aisé de visualiser les sommes que vous allez encaisser et décaisser par devise dans les semaines à venir et d’anticiper votre risque de change par maturité et par devise.

Le contrat de change à terme

Pour se prémunir du risque de change, il est possible pour une entreprise de conclure avec sa banque un contrat de change à terme. Reprenons l’exemple de l’entreprise Michel : en concluant son achat de matières premières avec son fournisseur, elle contacte sa banque pour souscrire un contrat de change à terme sur cette opération. Cela revient à fixer une couverture de change pour une durée définie (entre 6 jours et 24 mois). En l’espèce, l’entreprise et sa banque s’engagent à s’échanger dans 30 jours la somme de $1000 à un cours défini au moment de l’opération ($1.10 pour 1€ en l’occurrence).

En contrepartie de cette opération, la banque va proposer au client avec qui elle conclut un contrat de change à terme un taux de change légèrement supérieur au taux actuel réel, afin de prélever sa commission.

Lorsque l’entreprise Michel devra régler son fournisseur à la date de paiement effectif, elle pourra donc le faire au taux qui a été fixé dans le contrat de change à terme, quelle que soit la variation de l’euro contre le dollar. Cette solution est la plus adaptée dans le cas où vous avez à gérer des transactions ponctuelles.

L’option de change

Si vous coordonnez régulièrement des commandes auprès de fournisseurs et de clients situés dans des pays étrangers différents, contracter une option de change auprès de votre banque est alors plus adapté. Avoir recours à une option de change donne le droit à l’entreprise d’acheter ou de vendre une quantité d’une devise donnée à un taux de change déterminé au moment de la conclusion du contrat, moyennant le paiement d’une prime. Ce droit peut être mis en pratique pendant une certaine période qui prend fin à une date convenue dans le contrat.

L’avantage de l’option de change est qu’elle permet à la fois de se protéger contre une évolution défavorable et de profiter d’une évolution favorable de la devise. L’entreprise Michel aurait donc intérêt à recourir à cette solution si elle est amenée à réaliser des transactions du même type de manière régulière !

Conclusion

Le risque de transaction que représente la fluctuation des devises est un des défis que toute entreprise internationale se doit de relever. Il est recommandé de vous entretenir avec votre banquier afin de déterminer quelle est la solution la plus adaptée aux besoins de votre entreprise afin d’éviter les mauvaises surprises !

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